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dimanche, 12 mars, 2006

jeux de mains, jeux de vin…

Vivent les anthocyanes ! C'est un des rares produits de beauté que je tolère chez les hommes… Et, en plus, quand ils me flattent, ça leur fait la peau douce.

Posted by Ninon at 14:42
Categories: volupté

et voila qu'on se prend pour moi !

Alors, ça, c'est extraordinaire ! Figurez-vous que même si je n'y comprend pas grand chose au vin, je ressens certaines choses. J'ai bien compris, vu les coups de gueule des uns et des autres, que dans le monde du vin, on avait parfois tendance à prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages. Mais je ne savais pas vraiment comment l'exprimer avec mon vocabulaire de percheronne. Eh bien, c'est peut-être de la transmission de pensée, mais quelqu'un l'a écrit pour moi, sur internet, sur un forum où des amateurs de vin s'écharpaient sans modération à propos de certains vins qui ont connu il y a quelque temps une certaine vogue médiatique. Ce quelqu'un qui a quand même eu le culot d'utiliser mon joli prénom à l'air, comme moi, de se méfier des modes. Voici ce qu'il a écrit hier soir sur www.degustateurs.com :

"Excusez-moi de troubler cette cacophonie, je n’ai pas envie de souffler sur les braises de la guerre de religions qui semble avoir fait rage sur ce forum, mais je me pose une question : et si le « sans-soufre » ou, plus exactement, le « vin sans ajout de soufre » n’était que l’arbre qui cache la forêt ? Parce qu’effectivement (et là, je suis d’accord avec les bio), il est scandaleux de confondre l’essentiel et le superficiel. Il n’y a aucune commune mesure entre le patient travail de la terre et les coups de baguette magique, les paillettes, le show-biz’ de la vinification. Tout ne se joue pas dans les 5 dernières minutes ! Arrêtons avec la « nouvelle tradition » mise en place, successivement mais finalement main dans la main, par les sautillants œnologues de la Bordelucherie et les Torquemada de l’inquisition sulfitique. Les uns et les autres, hommes pressés aurait dit Morand, ont tôt fait d’insinuer que le sort du vin, notre sort, était entre leurs mains agiles. Héritiers des médecins de Molière, des vendeurs d’indulgences, des promoteurs de miracles, ils n’ont d’autre souci que de nous faire croire en la plus formidable, la plus extraordinaire merveille que la terre ait jamais porté : eux. Eux et leurs rituels désincarnés. Ils n’ont d’autre priorité que de nous persuader que du vin, ils sont le père, la mère et même le saint Esprit. Mais, je comprends toute l’énergie, toute la hargne qu’ils déploient ; chaque jour, il leur faut se battre contre un ennemi tentaculaire qui les persécute, qui les harcèle à chacun de leurs pas, de Pomerol au Minervois, du Beaujolais à l’Anjou : le terroir.

Eh oui, soyons raisonnables ! Cessons de nous prendre pour ce que nous ne sommes pas ! Faisons preuve d’un tout petit peu d’humilité ! C’est à la vigne que se fait le vin. Savent-ils, nos grands manitous, ce que cela représente de trouver, de rencontrer, de (re)construire un terroir ? Je parle d’amour, je parle de temps, de ce temps qui alors vous manque pour aller hanter les bistrots branchés de la capitale, pour aller faire commerce loin de vos tènements de vos charmes, sulfureux ou pas. Soyons sérieux ! C’est surtout par un infini respect du terroir, du sol, de l’univers qu’il abrite que l’on donne vie au vin. Par le travail, acharné et intelligent à la fois (ce n’est pas de l’autosatisfaction mais un objectif…), par des années, des dizaines d’années d’efforts et de réflexion. Là est le centre du monde du vin et ce monde-là, au regard de la vieille histoire de la vigne n’en a rien à foutre des redresseurs de torts et des enculeurs de mouche. Ce monde-là aime les paysans, qu’ils produisent des flacons d’anthologie ou de sincères vins quotidiens. Ce monde-là se tient soigneusement à l’abri des modes, du jus de planches et du pré-vinaigre. Ce monde-là peut dans la même soirée se régaler du noir lumineux, complexe, intense du grenache de Peppone (Casot des Mailloles) et de la translucide pâleur d’un Macon de Valette, de la noble retenue d'un vieux Soutard, d’un vieux Lafleur et de la pétulance d’un rosé de l’année, de la profondeur d’un Rayas 89 et de la minéralité d'un orthogneiss de Bossard. Ce monde-là se méfie des ukases, des chapelles et des ayatollahs. Ce monde-là ne connaît que son plaisir car bon sang ne saurait mentir. Ce monde-là n’aime pas trop non plus qu’on se foute de sa gueule à l’image de ce néo-vigneron du Languedoc-Roussillon qui donne des leçons de naturalité à ceux qu’il considère à tort comme ses pairs alors que les vignes empoisonnées qu’il vient de racheter puent encore la chimie bon marché qu’y ont déversée les anciens propriétaires…

Oui, ce monde-là aime le vin, à grandes gorgées s’il le faut, il l’aime suffisamment pour que le bois le laisse de marbre, pour que les levures le gonflent et pour qu’il ait compris depuis longtemps que ce n’était pas le soufre qui avait rendu le diable infernal*. Il aime suffisamment le vin pour tout faire afin que ne se réalise jamais la sinistre prédiction de l’Onivins qui, il y a quelques années, voyait une courbe mathématique dessiner en 2021, la fin de la consommation du vin en France. Car, ce monde-là, qui ne se paye pas de mots, qui préfère les bonnes idées aux belles idées, sait, depuis 10000 ans qu’il roule sa bosse, que les faiseurs, les midinettes, les fashion victims de la bouteille ont toujours fini par dégoûter le bon peuple du vin. Ce monde-là préfère à l’exclusion et au sectarisme le partage et la convivialité. Voilà pourquoi, pour ma part, j'ai soif d'un vin auquel je ne demanderai pas ses papiers avec la mine vétilleuse d'un gestapiste ou d'un commissaire politique. J’ai soif d’un vin qui ne se maquille pas trop (ni sous le bois, ni sous quelque défaut que ce soit), j’ai soif d’un vin qu’on puisse boire sans qu’au préalable on ait besoin de l’expliquer, de parler de lui comme d’un grand malade. J’ai besoin d’un vin qui ne me prenne pas pour une tirelire. J’ai besoin d’un vin qui ait des tripes. J’ai besoin d’un vin qui m’aille droit au cœur. Santé !

*certains affirment que c’est la bentonite ou l’acide ascorbique, moi je pense que c’est le mensonge…"

Vous avez lu, hein ? Il n'y va pas de main morte. Bon, mais je suis d'accord avec lui, ce qui compte avant tout, c'est d'aimer la nature, d'aimer le vin et de le partager. À ce propos, justement, je renouvelle ma plainte. Et pourquoi, moi et Luna, on a pas le droit d'y goûter au vin ? C'est pas juste !

Posted by Ninon at 10:46
Categories: vin

samedi, 04 mars, 2006

c'est (enfin!!!) le printemps

C'est vrai, une hirondelle ne fait pas le printemps. Mais ce matin, ils sont descendus dans la plaine pour aller acheter du poisson* et en passant à Pépieux et Homps, ils ont vu les premières fleurs d'amandier (avec toute la chaîne des Pyrénées en arrière-plan). Avec un peu de cance, on en aura d'ici une quinzaine à Félines. ça, c'est chouette, on va quitter nos poils d'hiver !

* À Lézignan, dont le marché du mercredi, tout le monde le sait ici, est sûrement un des plus beaux de l'Aude, à Lézignan dont le poissonnier, Sauzède, roi du loup et empereur de la daurade, est un monument.

Posted by Ninon at 11:18
Edited on: lundi, 13 mars, 2006 18:30
Categories: nature