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samedi, 11 février, 2006

quelques gouttes de sang dans la neige

Mais où allez-vous ? Il faut que ce soit moi, un animal dont on fait si souvent des saucissons pur porc, qui vous le dise : humains, vous marchez sur la tête ! D'un côté, vous laissez faire aux magnats de la malbouffe et à leurs dealers autoproclamés "moins cher que cher" à peu près tout ce qu'il veulent ; de l'autre côté, par une savante combinaison d'incurie politique et de persécutions bureaucratiques, vous réprimez sévèrement tout ce qui peut contribuer à sauvegarder ce que les monstres cités précédemment cherche à anihilier. Si je vous parle de ça, c'est à cause de la tue-cochon de dimanche dernier. Comme d'habitude, depuis que des génies qui n'avaient même pas vu arriver la grippe aviaire et la vache folle ont décidé de s'occuper de notre bien-être, il fallu se cacher, ruser, feinter pour transporter 2 quintaux et demi d'une viande saine. 2 quintaux et demi d'un merveilleux cochon élevé en plein air, nourri comme il se doit, sacrifié à la bonne lune après avoir reçu comme viatique 10 litres de carignan velouté. 2 quintaux et demi de bonheur et de subsistance, offrande involontaire d'une bête qui n'a pas eu le loisir légal de connaître le "couloir de la mort" réglementaire désormais réservé à la plupart de ses congénères élevés dans un univers concentrationnaire mais normalisé et abattus là où il se doit. Oui, c'est moi la jument, qui vous le dit, humains, vous marchez sur la tête. Comment, par paresse, absence ou bêtise, avez-vous pu autoriser qu'il soit de nos jours presque aussi risqué de transporter une carcasse de cochon tué dans les vraies règles de l'art qu'un colis de drogue. Revenez sur terre, fuyez le confort intellectuel et les paradis artificiels. Pensez aussi à vos enfants : je sais, moi, Ninon, que ceux d'entre eux qui auront vu, à la tue-cochon, les gouttes de sang de la bête couler sur la neige de la montagne feront davantage attention à ce qu'ils laissent sur le bord de leur assiette. Qu'ils n'achèteront, n'utiliseront de viande (notamment) que ce dont ils ont besoin. Qu'ils ne se comporteront plus comme des gosses de riches, comme d'aveugles destructeurs de la nature incapables de comprendre que tout au fond du hamburger et du poisson carré se terre le souvenir d'une vie. Car, justement, grâce à ces quelques gouttes de sang dans la neige, ils auront compris, pour partie, la valeur de la vie.

Et, comme chez nous, ce n'est pas du bluff, quelques bribes du pela-porc, sur planche contact…

Posted by Ninon at 7:31
Edited on: lundi, 13 mars, 2006 18:30
Categories: goût

mercredi, 01 février, 2006

vous êtes au courant ?

Eh bien pas moi! On nous a coupé 3 jours la lumière dans les boxes. Pourtant, Michel avait payé la facture. Mais il est tombé 10 centimètres de neige. Rendez-vous compte, 10 centimètres de neige, Luna et moi, filles du Morvan et de la grande froidure, ça nous fait doucement rigoler… Heureusement qu'on est pas en Finlande ou au Canada, parce que sinon, il nous faudrait des lampes à pétrole 6 mois par an !

Posted by Ninon at 6:52
Categories: nature